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Gabriel Richet

Marseille, 29 septembre 2004

 

Photos remise médaille - Diaporama

 

Pr Ronco

Pierre Ronco

 

Monsieur Richet,

Monsieur le Président,

Chers Collègues et Amis,

 

La Société de Néphrologie vous remet aujourd’hui la Médaille Jean Hamburger, et me donne le privilège de présenter votre œuvre, bien que n’étant pas le plus ancien de vos élèves. Cet honneur, dès lors quelque peu usurpé, je le dois probablement à mon appartenance au Conseil d’Administration de notre Société.

 

Je me suis interrogé sur les raisons profondes qui avaient motivé la Société de Néphrologie à vous attribuer sa plus haute distinction.

 

Cette médaille honore-t-elle l’homme courageux, le soldat de la bataille de Mai 1940 plusieurs fois blessé par la suite, qui reçut la Croix de Guerre, fut 3 fois cité à l’Ordre de l’Armée, et fut décoré de la Croix de la Légion d’Honneur des mains du Général de Gaulle ?

 

Devez-vous cette distinction à votre combat en faveur de la dialyse que vous avez introduite en France dans le Service de Jean Hamburger dont vous étiez l’assistant ? Si aujourd’hui le miracle de la survie apportée par la machine est quotidien et par trop banalisé, il n’est peut-être pas inutile de rappeler aux plus jeunes de cette audience qu’en 1967, moins de 100 malades étaient dialysés en France. 1967, c’était hier !

 

Est-ce l’organisateur et le bâtisseur de la ruche qui sont honorés aujourd’hui ? A votre arrivée à Tenon fin 1960, tout était à faire. D’abord rénover un Service clinique délabré, puis bâtir l’autre pilier, le laboratoire d’investigation et de recherche dans le Pavillon Castaigne. Il fallait convaincre les autorités, obtenir les crédits, se faire reconnaître par l’Institut National d’Hygiène qui allait devenir l’INSERM et pour cela, réunir une équipe crédible. Celle-ci reposa sur deux assistants d’exception, Raymond Ardaillou et Claude Amiel, ce dernier aujourd’hui disparu. Grâce à vos capacités d’écoute que n’atténuait pas une grande exigence, et à l’atmosphère studieuse et amicale qui régnait dans votre Service, une Ecole se constitua autour de la physiopathologie des maladies rénales, bénéficiant d’un va et vient maîtrisé entre le lit du malade et la paillasse des laboratoires. Vos abeilles ont maintenant essaimé de par le monde, certains aux Etats-Unis.

 

La médaille Jean Hamburger honore-t-elle le clinicien chercheur, le porte-étendard du renouveau de la physiopathologie rénale, le découvreur des cellules claires et des cellules sombres (appelées ensuite principales et intercalaires), le pourfendeur des troubles acido-basiques, et de bien d’autres anomalies ?

 

Cette médaille distingue-t-elle le « néphrologue international » ? Le Secrétaire du premier Congrès de la Société Internationale de Néphrologie en 1960 à Evian, puis le Président de cette Société, le patron qui accueillit dans son Service et son laboratoire de nombreux médecins de Francophonie et d’ailleurs, avec lesquels, fait rarissime devant être noté, vous avez gardé des liens épistolaires au-delà du temps et de l’espace ?

 

Est-ce l’Académicien dont votre ami Maurice Tubiana disait, lorsque vous fûtes élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre National du Mérite : « Tu es pour nous une référence et un modèle. Ta hauteur morale, ton élévation intellectuelle font de toi un de ces Sages auxquels on a recours dans les moments difficiles et dont les avis ont tant de poids. Tu continues ainsi la grande tradition de ta famille maternelle, les Trélat, et de celle des Richet. Il n’est pas aisé d’être le descendant de tant de patrons illustres et le petit-fils d’un Prix Nobel, mais la difficulté de cette position qui eut écrasé un autre, a été pour toi un stimulant ».

 

Ou bien le visionnaire préoccupé par les questions d’enseignement, de recherche, et de transfert des progrès technologiques au bénéfice des seuls  patients ? (Diapos x 3).

Si je peux oser une réponse à la question posée, je dirais, Monsieur, que cette médaille honore l’Homme Richet, à la fois apiculteur, Don Quichotte, Grand d’Espagne, et Christophe Colomb, comme sur cette photo que personnellement, je préfère aux portraits plus convenus.

 

Aujourd’hui, la Société de Néphrologie vous est reconnaissante d’avoir tenu haut et clair, le flambeau de la Néphrologie.

 

Pierre Ronco

 

 

photo Martine Demeyer

 

 

 

 

Pr Richet

Gabriel Richet

 

Monsieur le Président, mes chers Amis,

 

L'Éloge que vous venez d'entendre ne peut, se comprendre que s'il inclut la ruche Néphrologie de Tenon dans son ensemble. A ses débuts et ensuite, elle n'a existé que par le travail, l'estime et l'affection réciproque qui ont uni ceux qui en ont fait partie, Néphrologues de vocation ou ayant une orientation autre. Tous ont contribué à l'esprit et à la vie intellectuelle du Service tant la Néphrologie est un prolongement de la Médecine Interne.

 

L'honneur décerné ce soir me ramène avec émotion à il y a 50 ans et plus quand j'étais chez Jean Hamburger. Notre discipline balbutiait dans l'incompétence par ignorance, mâtinée d'illusions. Elle se construisait cependant autour de la Société. où se débattaient données fondamentales et appliquées. Ses réunions jalonnaient nos chemins. Puis est née la Francophone de Dialyse sa soeur siamoise, Les 267 notices du récent Néphrologie témoignent de leur commune vigueur. Rien de surprenant car dans les années cinquante, tandis que l'Europe médicale importait tout, l'invention de la néphrologie clinique ne chomait pas sur notre continent : Crush Syndrome, deux premiers modèles de Reins Artificiels introduisant toutes les formes de la Dialyse de Dutrochet en thérapeutique, Biopsie Rénale et contributions souvent majeures à la Transplantation. Notre Société a eu la primeur de nombre de ces créations.

 

Une question: un seul de ces résumés peut il s'insérer dans le trésor de la néphrologie s'il n'est pas suivi d'un article détaillé, source de débats: Comment discuter de faits tout nus sans savoir la source d'inspiration menant à l'idée, la technique adoptée et ses biais ainsi que la portée des conclusions. N'est pas lu ce qui est en Français se dit chacun de nous. Mais s'il n'y a pas d'articles en Français? Alors, ne faites pas comme à Fontenoy, publiez les premiers. Cela exige un lourd travail. Alors associons des jeunes à la préparation bibliographique et à la rédaction des textes et nous transformerons bien des péniches en remorqueurs habiles à débattre, lire et penser les méthodes cliniques ou expérimentales. Une équipe muette, ne prenant pas position sur l'actualité scientifique est vouée à l'effacement. A défaut d'ambition. nous avons tous de l'amour propre. Quelle que soit notre place dans la hiérarchie, pour être estimés donnons sans cesse à nôtre entourage la possibilité d'être utile de suite ! Notre journal Néphrologie se doit d'être prêt à faire face. Plus il sera étoffé, plus il sera lu. Le bénéfice ? La joie de l'esprit partagée entre tous ceux qui travaillent et à notre discipline tout entière.

 

Quoi l'avenir !

 

Merci

 

Gabriel Richet

 

Marseille le 29 Septembre 2004

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