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Claude Jacobs

Lyon, 12 septembre 2007

 

Eloge par F. Mignon - Réponse de C. Jacobs - Photos remise médaille

Diaporama F. Mignon et C. Jacobs

 

Pr Jacobs

Réponse de Claude Jacobs

Monsieur le Président, chers Collègues et Amis,

 

Le très bel éloge qui m’est décerné ce soir par Françoise Mignon au nom de notre Société génère en moi tout à la fois forte gratitude et réelle émotion. Je ressens comme un grand honneur cette amicale marque d’estime qui m’est ainsi manifestée par notre Communauté Néphrologique à laquelle me lient tant de souvenirs engrangés au cours d’un parcours de plus de quarante ans en sa compagnie. Parmi ceux-ci il m’est légitime et agréable d’évoquer les années de travail conduites en commun avec Monsieur Hamburger alors que j’exerçais les fonctions de Secrétaire Général de l’enseignement du CES de Néphrologie à Paris dont il assurait la direction. La remise de la Médaille dédiée à sa mémoire a incontestablement pour moi une résonance particulière.

 

Le fait que cet honneur me soit décerné dans la ville de Lyon comporte aussi pour moi une signification spécifique en raison des liens que les évènements survenus au cours de la vie ont établis pour moi avec cette cité :

 

C’est ainsi que votre collègue que vous honorez ce soir est un ancien élève de l’école Louis Lumière, Place de Monplaisir, puis de 6ième et 5ième du Lycée Ampère de l’avenue de Saxe, scolarité effectuée certes à une période particulièrement sombre de ce 20ème siècle barbare…

 

Vingt ans plus tard, c’est dans le service de Néphrologie dirigé par Monsieur Traëger alors à l’hôpital de l’Antiquaille que j’ai reçu de la part de Guy Laurent préalablement à mon séjour à Seattle une initiation aux divers aspects du traitement par hémodialyse de suppléance. J’ai conservé le meilleur souvenir de la chaleur de leur accueil et de la disponibilité manifestée à mon égard lors de ce séjour dont j’avais tiré le plus grand bénéfice.

 

 

lettreLorsque l’Administration Hospitalière a appliqué le règlement mettant fin à mes fonctions elle m’a fait parvenir une aimable lettre faisant état, entre autres, de mes états de services comptabilisés par ses soins à « 47 ans deux mois et quinze jours ».

 

Même avec un solide entraînement, il m’apparaît évidemment impossible de remercier au cours des six minutes accordées pour cette adresse par notre Président toutes les personnes auxquelles je dois de mériter l’honneur qui m’est fait ce soir. Qu’il me soit simplement permis d’évoquer le privilège d’avoir pu rencontrer, travailler et tisser des liens d’amitié avec quelques personnalités exceptionnelles, de nombreuses personnes remarquables (médecins, personnels para-médicaux, gestionnaires, patients), et de n’avoir eu à subir dans mes activités professionnelles que sans doute le minimum de désagréments générés par des personnes caractérielles, ou jalouses ou agressivement incompétentes ! Scribner LegrainEn la présente circonstance il est toutefois légitime pour moi de rendre un hommage particulier à mes deux maîtres en Néphrologie aujourd’hui décédés, Marcel LEGRAIN et Belding SCRIBNER réunis sur cette photo prise dans les années 1970.

 

Parmi les éléments pour moi les plus importants au cours de ce long parcours je ne puis que privilégier, quasi à l’identique et sans aucune concertation préalable, celui développé il y a deux ans dans le même contexte que celui qui nous réunit ce soir par notre Ami Charles Van Ypersele, à savoir le sentiment de PLAISIR.

 

*Le plaisir de l’exercice de la médecine clinique en dépit de difficultés matérielles et organisationnelles fréquemment irritantes et chronophages mais largement compensées par des conditions de liberté intellectuelle formidables procurées par le service hospitalo-universitaire public, non encore soumis (jusqu’à une date récente) aux diktats dévastateurs de l’économie de marché.

 

**Le plaisir de la création : Dans notre domaine d’activité, qu’il s’agisse de la création d’une structure de soins ou de recherche, plus rarement le plaisir retiré de l’élaboration et la mise en pratique effective d’un nouveau concept, ou d’une technique originale, ou d’une authentique découverte.

 

***Les plaisirs des relations humaines qui s’établissent entre médecins et patients, les réseaux d’amitiés qui se constituent entre collègues à travers le monde qui sont des sources d’enrichissements intellectuels ou affectifs de qualité irremplaçable.

 

Certes, la vie n’est pas, et de loin, « un long fleuve tranquille » tout au long bordé de plaisirs. Comme tout un chacun, mon parcours a comporté un lot largement pourvu de soucis, d’angoisses, de déceptions ou d’échecs qui ont rendu souvent très intermittentes les périodes de sérénité exemptes de turbulences. Au final cependant le bilan « plaisir vs soucis » reste très « globalement positif ».

 

D’autre part, il faut, hélas, reconnaître que le tableau un peu idyllique que j’ai pu vous exposer de la médecine hospitalo-universitaire tel que j’ai eu le privilège de la vivre s’est considérablement terni au cours des récentes années. On ne rencontre plus beaucoup de collègues cliniciens, du moins dans le service public, qui se déclarent heureux ou optimistes sur leur avenir ou sur celui de leur institution. La « gouvernance » actuellement opérationnelle privilégie beaucoup plus les gestionnaires, générateurs d’économies, que les créateurs, générateurs de dépenses. L’esprit d’initiative est corseté de façon extrêmement rigide par des contraintes règlementaires de toutes sortes, brandies en particulier par le redoutable « principe de précaution » prompt à couper les ailes à toute entreprise n’ayant pas recueilli l’aval de bureaucrates dont l’expertise, pour certains, peut ne reposer que sur une auto-proclamation. Les comportements au quotidien de trop nombreux participants à nos activités, professionnels de santé, patients, interlocuteurs administratifs, sociaux ou politiques pâtissent à des degrés divers du climat général qui s’est développé depuis une trentaine d’années dans la société, allant du « Tout, tout de suite » pour certains à la « priorité du loisir sur le travail » pour d’autres, ou à la défense vent debout d’immobilismes sécurisants plutôt qu’à la promotion d’innovations d’intérêt reconnu mais potentiellement perturbatrices..

 

Quels conclusions et souhaits peuvent alors être formulés au terme d’un long voyage dont vous pourriez percevoir l’étape dernière comme étant quelque peu en demi-teinte ? :

Eh bien, peut-être le plus important, est qu’il faut retrouver les plaisirs :

 

* plaisirs dans les activités professionnelles quel que soit leur mode d’exercice : cet objectif sera un des plus difficiles à atteindre, et passera sans doute par quelques confrontations sévères avec des instances politico-administratives diverses pour lesquelles la notion de plaisir dans le travail est inconnue, voire complètement hors sujet ..…

 

**plaisirs dans les relations humaines à tous niveaux : en y consacrant du temps, temps pour parler, échanger des idées, privilégier parfois la convivialité sur la recherche éperdue et urgentissime de la performance, articleplaisir à l’image de cette réunion de travail organisée il y a quelques 15 ans par Guy LAURENT à TASSIN pour la préparation d’un article pour Kidney International en compagnie de Belding Scribner où les participants ( Mion , Laurent, Charra et votre serviteur) savaient où puiser leur inspiration !

 

***Et enfin, Plaisirs à l’image de celui que je ressens aussi profondément ce soir du fait de votre témoignage d’estime et d’amitié et pour lequel je vous dis très simplement et très sincèrement : MERCI ..

 

Claude Jacobs

 

 

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